“Les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent.
Évangile selon saint Matthieu 27, 51-52
Jour de grand silence (pas de lecture le jour)
Apparemment, en ce Samedi saint, il ne se passe rien. Apparemment seulement ! Car dans la tradition orientale, c’est le jour où le Christ descend au séjour des morts pour y chercher Adam et Ève, prémices de l’humanité qu’il est venu délivrer des Enfers. Il s’en passe donc des choses, en ce Samedi saint… en surface rien ne bouge, mais en profondeur tout se prépare. Silencieusement, Christ travaille. La soudaineté d’une conversion ne cache en fait qu’une longue préparation, souvent souterraine, imperceptible, le plus souvent, au converti lui-même. Qu’on nous en chante des conversions à la Claudel à l’heure vespérale sous les voûtes de Notre-Dame ! Ce jour-là, la volute d’encens et les premiers tons du Magnificat ne célébrèrent au fond que l’heure où le cœur cède enfin aux longues préparations intimes dont Dieu sait ménager chacune de ses créatures.
N’est-ce pas là le témoignage de nombre de catéchumènes dont beaucoup seront baptisés ce soir ? Certes, la plupart du temps plus près d’un pilier de bar que de cathédrale, le Christ les a saisis en entrant soudainement dans leur vie ; mais lorsqu’ils prennent le temps de regarder tout ce qui précède cette rencontre décisive, ils découvrent souvent, stupéfaits, combien le Christ était déjà présent sur leur route, alors que leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Tous disent, en quelque sorte : « Dieu était là, et je ne le savais pas ! Dieu était déjà mystérieusement présent à ma vie et moi… je ne voyais pas. » Oui, comme il y en a des Samedis saints dans nos vies où tout semble dormir, alors que tout est en train d’advenir.
Car bien des pierres, comme celle de ce tombeau où a été déposé le corps de Jésus, ne sont en fait que des pierres d’attente dans nos vies et elles sont en train de bouger, de rouler, d’ouvrir la voie à une présence qui semblait jusque-là imperceptible. Ouvrons l’œil, prêtons l’oreille ! Souvenons-nous de toutes ces périodes dans nos vies où apparemment il ne se passait rien. Voici qu’elle craque, la dure écorce, voilà qu’elle fend, la lourde pierre ! Et en ce Samedi saint, jour du rien, tout advient : comme celle d’un vieil ami, jailli de la nuit, une voix si familière et pourtant si nouvelle ! Et je reviens enfin de tout mon cœur à celui qui ne cessait de venir à moi, mais que, jusque-là, je ne voyais pas.
Cette méditation vous éclaire ?
Partagez cette méditation avec vos proches:
Partager
Découvrez la Parole de Dieu proche de vous, grâce à un frère ou une sœur dominicains
Voir toutes les méditationsChargement...
À vous la parole
23 commentaires
Rédiger un commentaire« Comme c’est bon de voir un vivant vibrer en parlant de Jésus à l’œuvre. Merci frère François-Dominique.
Ce jour de silence où le plus grand moment que l’humanité va vivre est en train de se préparer... »
Stéphanie - 04 avril 2026 - 12:43
« Merci chers frères et soeurs pour ces belles méditations remplies de vérité .
Tout est si juste . Soyez tous bénis . »
Séverine - 04 avril 2026 - 12:12
« La vieillesse, la maladie, notre avancée vers une prise en charge par les autres,
difficile à vivre ou à imaginer. Et d'un autre côté, Dieu nous donne du temps, nous aurons tout le temps de le voir pl... »
Hélène A - 04 avril 2026 - 11:37
« Merci, Frère François-Dominique, votre message si harmonieux !
Il nous a tous réunis pendant le silence « de ce jour du rien, où tout arrive ».
Le mot qui m’a éveillé avant le lever, était « Galilée... »
Paul (Belgique) - 04 avril 2026 - 11:20
« Merci merci merci . »
BS - 04 avril 2026 - 10:38
« Je découvre cette méditation du samedi saint dans ma boîte mail…Quel cadeau ! Je vous remercie. Comme en témoignent si bien d’autres personnes, pour moi le samedi était toujours un peu vide et inconfo... »
Valerie - 04 avril 2026 - 10:05