Apparemment, en ce Samedi saint, il ne se passe rien. Apparemment seulement ! Car dans la tradition orientale, c’est le jour où le Christ descend au séjour des morts pour y chercher Adam et Ève, prémices de l’humanité qu’il est venu délivrer des Enfers. Il s’en passe donc des choses, en ce Samedi saint… en surface rien ne bouge, mais en profondeur tout se prépare. Silencieusement, Christ travaille. La soudaineté d’une conversion ne cache en fait qu’une longue préparation, souvent souterraine, imperceptible, le plus souvent, au converti lui-même. Qu’on nous en chante des conversions à la Claudel à l’heure vespérale sous les voûtes de Notre-Dame ! Ce jour-là, la volute d’encens et les premiers tons du Magnificat ne célébrèrent au fond que l’heure où le cœur cède enfin aux longues préparations intimes dont Dieu sait ménager chacune de ses créatures.
N’est-ce pas là le témoignage de nombre de catéchumènes dont beaucoup seront baptisés ce soir ? Certes, la plupart du temps plus près d’un pilier de bar que de cathédrale, le Christ les a saisis en entrant soudainement dans leur vie ; mais lorsqu’ils prennent le temps de regarder tout ce qui précède cette rencontre décisive, ils découvrent souvent, stupéfaits, combien le Christ était déjà présent sur leur route, alors que leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Tous disent, en quelque sorte : « Dieu était là, et je ne le savais pas ! Dieu était déjà mystérieusement présent à ma vie et moi… je ne voyais pas. » Oui, comme il y en a des Samedis saints dans nos vies où tout semble dormir, alors que tout est en train d’advenir.
Car bien des pierres, comme celle de ce tombeau où a été déposé le corps de Jésus, ne sont en fait que des pierres d’attente dans nos vies et elles sont en train de bouger, de rouler, d’ouvrir la voie à une présence qui semblait jusque-là imperceptible. Ouvrons l’œil, prêtons l’oreille ! Souvenons-nous de toutes ces périodes dans nos vies où apparemment il ne se passait rien. Voici qu’elle craque, la dure écorce, voilà qu’elle fend, la lourde pierre ! Et en ce Samedi saint, jour du rien, tout advient : comme celle d’un vieil ami, jailli de la nuit, une voix si familière et pourtant si nouvelle ! Et je reviens enfin de tout mon cœur à celui qui ne cessait de venir à moi, mais que, jusque-là, je ne voyais pas.
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À vous la parole
1 commentaire
Rédiger un commentaire« Bonjour,
Dans ce silence, une pensée pour tous.
Comme le Père m'a aimé,
Moi aussi Je vous ai aimés.
Demeurez en Mon amour.
L'amour du Christ.
»
Fred - 04 avril 2026 - 6:35