“Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront.
Évangile selon saint Luc 5, 35
« Jeûner ne sert à rien », m’écrivait une lectrice l’année dernière à propos d’un petit livre où j’abordais ce sujet. « Jeûner ne fait pas grandir l’amour, continuait la dame, tout ce que cela fait, c’est laisser un mauvais goût dans la bouche, un mal de crâne dans la tête et de la fatigue supplémentaire pour toute la journée. »
Reconnaissons-le, dans un sens, elle n’a pas tort. C’est même tout à fait vrai : le jeûne ne cause pas l’amour. La privation de nourriture n’entraîne pas, par elle-même, une augmentation de la charité. De lui-même, le jeûne ne cause qu’une seule chose qui n’est pas particulièrement agréable : la faim.
Et pourtant, toutes les traditions religieuses invitent à la privation de nourriture. Et pourtant, Jésus lui-même demande à ses disciples de jeûner en son absence. Pour quoi faire ? Pour incarner dans notre corps notre désir de le recevoir. Notre vie spirituelle est plus complète lorsqu’elle intègre toutes les dimensions de notre personne, et notamment notre corps. Faire un pèlerinage, c’est prier avec ses pieds. S’installer sur un prie-Dieu, c’est prier avec ses genoux. Chanter, c’est prier avec ses cordes vocales. Jeûner, c’est prier avec son ventre. Bien sûr, ce qui est le plus déterminant, c’est l’attitude de notre cœur, mais lorsque nous associons notre corps au désir de notre cœur, notre prière est plus complète.
Sans la charité, nos privations de nourritures ne valent rien. Inspirées par l’amour, elles deviennent un petit moyen, aussi simple que sûr, pour revenir au Seigneur.
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